Choses entendues au réveil

 

 

 

 La levée des rideaux du marchand de légumes, le choc des cageots posés à l’étalage, le souffle des camions, la voix d’un homme qui en appelle un autre, le cri des enfants, le claquement des volets qu’on incline – lumière haute au matin soit chaleur tout le jour -, le battement du moteur des ferries, les pleurs de leurs cheminées cracheuses de fumées noires, le bleu de la mer pris entre deux lignes d’un blanc comme montant, le bruissement des palmiers que parfois l’air émeut.

 

 

Choses du ciel et de la terre 1

 

 Ici : l’éternel combat, le perpétuel débat, la joute orale du ciel et de la terre, avec, pour médiatrice, la tiédeur d’une mer calme ; je vois les nuages descendre sur la montagne, la manger, l’enfouir, la dévoiler, la prendre comme on prend les places fortes…

 

 

 Choses du ciel et de la terre 2

 

 Parfois un nuage plus sombre se met au bord d’une crête et doucement dégouline sa noire fumée de bois cuit, sa sombre bave de cendres et de pierres, et vient la nuit, comme si elle était née de ce flot là, tombée de la montagne pour rejoindre les eaux du port et plus loin le grand large.

 

 

 Choses du ciel et de la terre 3

 

 D’autres fois, juste une ou deux blancheurs duveteuses affleurent sur le massif, morceaux de ciel égarés, et l’on croit ou peut croire alors encore alors que l’on peut ou pourrait attraper la nue.