HANTISE

 

Qui hante tisse mais Qui hanterais-je ici Qui ne m’appelle

Qui hanterais-je ici sinon moi-même

moi-même bardée d’éponge et d’abat-sons

moi-même forgée d’obsédantes obsessions de plumes alors que le silence opale oppresse mes côtes et mes sangs

moi-même brulée de tain au visage effacé

moi-même Qui ne m’entends ni ne me vois

O O OMERTA SUR MA VOIX ah

 

et j’entends les sarcasmes les rires éreintants

je sens le souffle de la goule la Lilith des jours premiers

l’ ombre frôle et froisse les pages

poltergeist sonore et éclatant

OO tout cela m’aveugle

et m’affaiblit

et plus plus plus rien alors ne saurait m’ébranler me me mettre en marche ECRIS ordonne le Huant

MAIS ECRIS DONC s’obstine à souffler l’intérieur Gévaudan mais qu’écrirais-je maintenant que la brume appelle le givre mais que verrais-je si ce n’est le fatidique brouillard de ma nuit

 

O O QUI RÔDE ICI qui qui rôde ici Qui ne m’écharpe Qui si ce n’est l’obsédante litanie de l’attente élective du mot